IL ÉTAIT UNE FOIS...
Le 15 octobre 2026 à 0 h, à ESPACE GALERIE – Centre communautaire et culturel Françoise-Dunn | 2050-B Boul. de Portland (Sherbrooke).
Dates
- 15 octobre 2026 à 0 h
Lieu
ESPACE GALERIE – Centre communautaire et culturel Françoise-Dunn | 2050-B Boul. de Portland, 2050-B Boulevard de Portland — Quoi faire à Sherbrooke
Artistes
Prix : Gratuit
Description
Il était une fois… une lumière, une couleur… Une rivière. J’ai découvert la Rivière aux Brochets à la mi-mai, il y a plus de quarante ans, en cueillant des asperges avec Alberta St-Pierre. Elle avait l’âge que j’ai aujourd’hui. Je venais tout juste d’emménager à Frelighsburg. Nous arrivions tôt le matin, marchions dans les rangs, coupions les tiges, remplissions nos paniers. Avant de charger le tout dans sa camionnette, nous entrions dans la rivière pour y rincer les asperges. Les Juliennes des dames fleurissaient sur les berges, les têtes de violon se déroulaient. Les asperges poussent vite, nous revenions en fin de journée pour une seconde récolte. Deux moments du jour où la lumière est particulièrement belle. L’heure magique. C’est entre ces deux récoltes que j’ai commencé à peindre la rivière. Les œuvres de cette exposition sont récentes, mais elles portent en elles plusieurs décennies d’expérience, de souvenirs, d’amitiés et un lien avec la rivière qui s’est approfondi au fil du temps. Depuis, je retourne encore et encore à la Rivière aux Brochets. Je connais ses méandres, ses rapides, ses saules, certains passages secrets où je reviens depuis des années. Et pourtant, chaque fois, la rivière me raconte une nouvelle histoire. La lumière change, l’eau monte ou se retire, les reflets apparaissent et se défont. Un arbre tombe, un autre grandit. Le vent siffle, les oiseaux chantent. Je m’arrête. Je regarde. J’écoute. Je prends surtout mon temps. Je me penche sur des futilités. J’emprunte des sentiers de traverse. Je travaille à l’huile pour la richesse et la profondeur de ses couleurs, mais aussi pour tout ce qu’elle me permet : travailler par couches, construire puis enlever la matière, chercher les transparences, laisser affleurer ce qui se trouve en dessous. Parfois, le paysage se défait presque entièrement. Il devient couleur, geste, lumière, mouvement. Puis une branche apparaît, une rive, un reflet, et le monde revient. Cette attention au monde vivant est pour moi une invitation à entrer dans le merveilleux, dans un espace onirique où le familier redevient mystérieux, à s’incliner devant un mystère qui, peut-être, nous connaît mieux que nous nous connaissons nous-mêmes. Chaque fois que je retourne à la rivière, l’histoire recommence. Il était une fois…